Mouarf

Un macaroni a chié sur Clint Eastwood.

Mercredi 7 avril 2010 à 1:32

De nouveau ce même problème, le syndrome de la page blanche. J'allais écrire, et puis j'ai trop parlé, trop écouté Mano Solo, trop mélangé tous mes mots. Maintenant j'ai toujours envie d'écrire, mais j'ai l'impression d'avoir rien à dire. J'ai envie de parler de ces abrutis qui se sont jetés sur l'iPad juste parce que si Apple le sort, c'est qu'il doit bien servir à quelque chose. Paye tes 600 dollars pour un gros iPod. Le monde d'aujourd'hui se compose de pourris qui créent des besoins, et de pourris qui les consomment. On nous prend pour des cons et ça marche. Tant mieux pour eux. Bientôt on distribuera des rations de Poppers à l'école pour que les gamins apprennent de plus en plus tôt à se faire enculer. Métaphoriquement parlant, évidemment.
Je ne supporte définitivement pas Paris s'il n'y a pas quelqu'un pour me sortir, ou pour prendre l'apéro, ou juste pour me tenir compagnie. Être chez moi me déprime, même quand mon frère est là, parce que dès qu'il allume la télé il devient hermétique à mes paroles, et qu'il ne l'éteint que quand il va se coucher. Être dehors me déprime, parce que les parisiens massacrent la beauté de Paris, et qu'étant seule je n'ai rien d'autre à faire que les observer. Observer le mec qui me bouscule en râlant parce que je laisse d'abord sortir du train un père avec sa poussette. Observer la femme qui me pousse pour foncer dans le métro alors que le prochain arrive une minute plus tard. Observer la jolie mendiante roumaine qui se grille une clope en discutant avec une roumaine plus vieille et moins jolie, avant de les retrouver 5 minutes plus tard dans le métro, criant qu'elles ont besoin de notre pitié pour manger. Observer la petite vieille avec son panneau "J'AI 73 ANS. AIDEZ MOI SVP". Observer tous ces gens qui passent sans rien remarquer, guidés par leur instinct qui les mène mécaniquement dans les magasins, dans le métro, au boulot. Observer les parisiens alignés devant l'écran de la gare, le regard hypnotisé, un peu comme les personnages de 1984 regardent tous Big Brother sur un télécran, puis partir en courant dès que le quai s'affiche. Remarquer le SDF, là bas, qui regarde avec intérêt la même scène que moi, se demandant si l'homme et la femme qui viennent de s'engueuler et de partir chacun de leur côté, en se retournant parfois mais jamais en même temps, vont finalement faire demi-tour et venir se pardonner. Remarquer celui qui s'assoit à côté de moi, certes fauché et sale mais avec néanmoins une certaine classe, s'arrêtant un instant pour fumer son cigarillo, le regard lointain, et repart s'enfoncer dans la foule 10 minutes plus tard. C'est bien répétitif tout ça.
De toute façon je m'en fous. Dans 10 jours je vois Amélie, et 73 jours plus tard on voit Bob Dylan. Ouais. 

Allez hop, dans ma grande bonté je vous offre les Stray Cats, ces pauvres musiciens qui auraient voulu faire de la musique 20 ans plus tôt.


Par Josée le Samedi 1er mai 2010 à 18:51
Ils l'ont vu aussi. Ils sont juste résignés, maintenant. Et ils ont peur de se prendre l'ascenseur social dans les dents. On voit tout ça, ouai, on le voit et on le dénonce, même, mais nous aussi, on va se résigner, parce qu'au fond, qu'est ce qu'on fait, qu'est ce que tu fais, pour changer tout ça ?
 

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