Mouarf - Un macaroni a chié sur Clint Eastwood.http://mouarf.cowblog.fr"There are two kinds of people in this world : those with loaded guns, and those who dig. You dig."CowblogfrMon, 20 Jun 2011 11:34:51 +0200180http://mouarf.cowblog.fr/it-s-too-late-to-be-late-again-3117027.htmlIt's too late to be late again. Elle m'a dit que quand je parlais de mon enfance, j'en parlais avec détachement, comme si tout ce que je racontais était arrivé à quelqu'un d'autre. C'est un peu ça. Entre 12 et 15 ans j'ai décidé de devenir quelqu'un d'autre. Et d'aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours essayé de faire de mes sentiments quelque chose de lointain.
J'ai rarement été plus heureuse ou plus triste pour moi-même que pour quelqu'un d'autre. Le bonheur des autres me comble, et je me retrouve dépitée de leur tristesse. Rien de plus fort pour moi que quelques sentiments pour quelques personnes, à part mes sentiments pour Amélie.
Des sensations perdues dans un tourbillon de réflexion plate, de psychorigidité involontaire, ce réflexe de se former une carapace pour éviter d'avoir à ressentir par moi-même. Pourquoi ça marche avec Elle, et pas avec les autres ? Ma psy m'a amenée à parler de sincérité. Je ne comprends pas pourquoi dans ma vision du monde il n'y a qu'Amélie qui soit sincère avec moi. Je sais rationnellement que c'est faux, mais ces sentiments que j'essaie d'éviter continuent de manipuler mon cerveau.
Une vie au milieu de milliers de lignes de fuites. J'ai jamais arrêté d'avoir envie de fuir. Ça s'est juste atténué grâce à elle. Fuir quoi, comment, où, pourquoi, j'en sais rien. Peut-être fuir la tristesse. Sa tristesse. Fuir un pays, une nation, des idées, un monde, des limites, un monde fait de limites. Fuir les autres. Me fuir moi.
J'aimerais pouvoir remplacer mes questionnements par des sentiments. Toujours foncer tête baissée. Remplacer "qu'est-ce que je risque ?" par "j'en ai envie.". Tellement de gens vivent heureux comme ça. Mais chacune de mes idées se termine par un point d'interrogation. Je ne sais jamais ce que je fais et je me demande toujours pourquoi. Je m'enfonce dans mon impuissance et j'essaie d'amortir la chute par un optimisme forcé, un positivisme exacerbé pour essayer de la faire sourire ; mais rien ne sort de cette douleur rongeante qu'un sentiment bancal d'incompréhension, quand ce que je dis ne fait que traduire ce que j'aimerais ressentir, et donc lui faire ressentir.
Plus rien ne reste que le déchirement de n'être, à ce moment là, qu'une partie d'un vide immense.
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3117027.htmlMon, 20 Jun 2011 11:34:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/it-s-too-late-to-be-late-again-3117027.html
http://mouarf.cowblog.fr/87-and-cry-3106258.html'87 and cry. Être en haut d'une falaise et discuter avec le fond. Au bord de rien, dos au désert. Une immensité de néant.
Encore et encore et encore et encore. Existence médiocre. Projets à court terme. Paroles en l'air. Pas la moindre importance. Pas le moindre sens. 

Parler pour ne rien dire et parler dans le vide.
Parler pour faire sortir ce dont tout le monde se fout.
Parler du vide.
Parler du vide.

Je vous emmerde.
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3106258.htmlThu, 05 May 2011 00:18:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/87-and-cry-3106258.html
http://mouarf.cowblog.fr/aka-i-d-i-o-t-that-s-me-3091797.html"aka I.D.I.O.T, that's me" Y'a des soirs comme ça où tout semble vain. Où tout m'ennuie. Où j'ai envie de tout et de rien à la fois. "J'ai jamais pu oublier l'odeur des endroits où j'irai".
Et puis merde.
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3091797.htmlMon, 07 Mar 2011 00:17:00 +0100http://mouarf.cowblog.fr/aka-i-d-i-o-t-that-s-me-3091797.html
http://mouarf.cowblog.fr/trompe-le-monde-3068754.htmltrompe le monde. J'aime pas cette maison. J'aime pas le beau père qui, du jour au lendemain, passe de l'optimisme exacerbé à la dépression pathétique. Je peux pas vivre dans la même baraque qu'un type qui passe la moitié de sa vie à faire la gueule en se regardant le nombril, et l'autre moitié à faire partager aux autres ses analyses erronées de pseudo-sage sur le monde et les gens qui l'entourent. J'aime pas me faire traiter d'anorexique à la moindre occasion. Tu m'as pas vue bouffer des plaques entières de chocolat quand je suis défoncée, connard. Tu m'as pas vue pleurer à quatre pattes devant une bassine de vomi en espérant que plus rien ne sorte. Tu sais pas ce que ça fait, d'avoir toujours peur que ça recommence. De se forcer à bouffer un plat qu'on sait trop gras, trop acide, des oeufs dont la date de péremption était il y a trois jours, en se répétant que ça va aller, que c'est bon quand même, que ça a toujours été bon alors il n'y a aucune raison que ça ne le soit plus, en évitant de penser aux sushis qui ont toujours été bons avant d'arrêter de l'être. Mais vas-y, connard, fais tes réflexions, enfonce le clou, enfonce moi, continue. Et râle, gueule sur ta pauvre condition de mec dépressif avec des problèmes d'argent. Non, j'en ai rien à foutre, de tes problèmes. Plus rien, vraiment. Casse toi avec ta misère, plutôt que de te réfugier derrière tes fausses responsabilités. Menteur, pathétique menteur, tu passes ta vie à te plaindre de tout et te servir de n'importe quelle excuse pour ne rien affronter en face. T'as passé 1 an à me répéter que t'étais un alcoolique et que tu voulais te tuer. T'as passé 1 an à me répéter que tu voulais vendre la maison. T'as passé 1 an à me répéter que tu voulais te barrer. Qu'est-ce que t'attends, connard ? Qui te retient, puisqu'on est tous des cons ? Pourquoi tu continues à nous pourrir la vie en prétendant être le seul mec sur terre à servir de nobles raisons ? Pauvre petit connard que personne ne considère à sa vraie valeur. Des mensonges, des mensonges, des mensonges. Je gerbe vos mensonges. Ceux de la mère aussi. Tu le détestes, alors qu'est-ce que t'attends ? Pourquoi à 47 ans on préfère être mal accompagné que seul ? Pourquoi continuer à t'emmerder, l'emmerder, m'emmerder ? Tu parles d'un lien familial, passer son temps à s'en foutre plein la gueule. Vendez-la, cette maison. Maman, pars à Nantes. Pierre, casse-toi sur ton bateau. Foutez-moi un peu la paix. Compliqué, vraiment ? Plus compliqué que maintenant ? Tout le monde y arrive, tout le monde. Oui, maman, ça va. Oui, maman, j'ai bien mangé. Oui, maman, j'ai bien dormi. Non, maman, j'ai pas trop froid. Oui, maman, je pourrais survivre sans toi. Non, je ne veux plus être le témoin de vos engueulades. J'ai mieux à foutre. Réviser mes partiels dans le calme. Voir Amélie. Sortir. Jouer à la GameBoy. Prendre des photos. Faire le ménage parce que je l'aurais décidé, et pas parce qu'un con me l'aura imposé avec l'air de dire "si je te l'avais pas demandé, tu l'aurais jamais fait, je le sais mieux que toi".
Mais je ne sais pas réviser. À cet instant, je voudrais tout recommencer. 20 ans plus tôt. Apprendre à apprendre. On m'a jamais appris ça. J'ai toujours réussi sans rien foutre, et quand on me demande de réviser, je ne sais pas comment m'y prendre. Apprendre à communiquer. On me l'a pas appris non plus. Je me retrouve dans une école de communication, et j'ai jamais appris à communiquer ; j'ai toujours appris, comme un réflexe, à tout garder pour moi. À 14 ans j'ai pas d'ami, je n'arrive à parler aux gens que par msn, et j'entame l'écriture d'un blog pour apprendre à extérioriser. À 20 ans, je continue l'écriture d'un blog parce que ça me permet de dire tout ce que je n'arrive pas à formuler ailleurs. J'ai appris à feindre la sociabilité, et ma timidité me pose un nouveau problème : personne n'y croit.
J'en tremble. Une main tremblante qui se lève pour participer. Une main tremblante qui tient la feuille que je lis devant toute la classe. Je serais bonne actrice. Je me force à ne pas parler trop vite, mais plus je tremble plus je panique, et plus je panique plus je tremble. Alors les effets secondaires : je ris, ou je me trompe de mot, en tout cas je ne peux plus regarder dans les yeux les gens qui m'écoutent. Comme chez le médecin, les larmes aux yeux, contenues, discrètes, mais là. Et couvrant le tout, l'effort pour avoir l'apparence de ce que je ne suis pas. Des gestes, des remarques qui font naturel, je fais n'importe quoi pour que ces mains qui tremblent ne se voient pas. Quand je reviens à ma place, je tremble encore une dizaine de minutes. Parfois je ne peux même plus écrire. Je force ma respiration à se tranquilliser, comme après les repas que j'ai peur de ne pas digérer. Mais le mensonge est plus fort que tout : on considère que je suis "à l'aise à l'oral". Le mensonge. Les nausées. Ma vie.
Je me souviens encore de mes premières cuites, pas pour ce que j'y faisais, mais pour ce qu'elles représentaient. L'alcool me faisait parler, alors je buvais. La première cuite à 12 ans, les premiers amis au même âge. L'alcool comme solution à mon incapacité à communiquer. Le déclic à 13 ans, quand Gaëtan me reproche de ne pas m'amuser comme eux quand on est bourrés. Alors je dis des conneries, je fais des conneries, je les imite. L'alcool comme solution à mon incapacité à m'amuser. Le déménagement. Pas d'amis. Pas d'alcool. Coupures, brûlures. Premières cuites à St Etienne : Eulalie, Marion, Boris, tout ça. L'alcool comme solution à mon incapacité à me faire des amis. Trop de cuites, redoublement. Déménagement. J'essaye de reproduire sobre ce que je fais bourrée. Se faire des amis, communiquer, s'amuser. J'y arrive à tâtons, par hasard, commençant souvent par les gens qui ne m'intéressent pas pour en arriver aux gens qui m'intéressent. C'est à ce moment qu'on commence à me trouver ultra sociable. C'est à ce moment que je commence à me croire sociable. C'est à ce moment que je trouve des tas de gens intéressants. C'est à ce moment que je pars à Paris. C'est à ce moment que je n'arrive à nouveau plus à me faire des amis. C'est à ce moment que je réalise l'importance que peuvent prendre certaines personnes, et le peu d'importance que l'on peut avoir pour d'autres. L'alcool comme solution aléatoire. Les décisions de vie complètement bourrée à 3h du mat'. Les déclarations désespérées complètement bourrée à 3h du mat'. Le 1er mars, et la disparition progressive de mon besoin de boire. 7 ans de solutions alcoolisées. Maintenant j'essaie d'effacer ma timidité, on y croit, et ça me bouffe. Parce que faire l'effort de ne pas être timide, c'est fatigant. Je voudrais ne pas l'être du tout. Avoir confiance en moi pour de vrai, que ce soit dans les relations humaines ou dans le travail. J'aurais dû commencer à apprendre ça il y a 20 ans. Tant pis, maintenant je vis névrosée, fondant mes aptitudes relationnelles sur ce que m'ont enseigné l'alcool et les réseaux sociaux.
Mouarf. Moi en différent. Moi en mieux. Moi sur les forums. Celle que les gens trouvent cool. Celle qui a une grande gueule, qui n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, ou à aller communiquer par "messages privés" avec ceux qu'elle trouve intéressants. Pendant 3 ou 4 ans, il y a Mouarf et Juliane. Je finis par m'inspirer de mon deuxième moi virtuel, pour devenir un autre moi à part entière. Pathétique, mais ça marche. Je dois mon développement à internet et aux forums. Youpi.
Retour à mes 12 ans. Je traîne sur les chats d'AOL. Je fais la connaissance d'un type, le Toulousien, c'est son pseudo, qui m'affirme que même s'il a 19 ans, on peut très bien sortir ensemble, parce que l'amour n'a pas d'âge. On se donne rendez-vous, j'y vais en vélo, et au moment où je m'apprête à repartir il arrive en voiture, on parle, il m'emballe, je feins une obligation parentale et je me casse. Évidemment, quand je raconte ça à mes potes, il n'y croient pas. Moi j'ai peur de le revoir, il sait dans quel collège je vais. Pathétique. Je ne le reverrai jamais. 14 ans. Gaëtan et Marianne sortent ensemble, je suis jalouse mais je ne sais pas duquel des deux. 15 ans, je croise Maylis, jolie brune aux yeux bleus à qui je n'ai jamais eu la force d'adresser la parole. Je ne sais même plus comment j'ai appris son nom. 1er coming out, à une amie de Toulouse, Claire, je m'affirme bi. Les garçons m'intéressent de moins en moins. Je prends pour habitude de le dire aux gens que je côtoie, histoire de n'avoir aucun problème. Je ne me souviens pas que ç'ait étonné qui que ce soit. Puis vient Emma, période pendant laquelle j'assume presque totalement. À l'époque j'ai pas peur de lui tenir la main dans la rue. C'est la répétition de cas comme le taré du macdo qui commence à me faire hésiter. Mais je prends confiance en moi. Pause, épisode Cramps, retour d'Emma, arrivée d'Adèle, flou, plus personne et plus confiance en moi. À Paris je n'assume plus du tout, je commence même à avoir du mal à assumer devant ma mère qui pourtant le sait déjà.
13 ans, Denis appelle chez moi. Denis, c'est mon premier beau-père, j'étais trop petite pour comprendre ce que ça représentait, alors je l'aimais comme un père. À 13 ans donc, il m'appelle, j'entends sa voix pour la première fois depuis peut être 7 ans et je le reconnais. "Ta mère n'est pas là ? - Non... - Bon. Bah tu lui diras que j'ai appelé. Au revoir." À ce moment là, je lui en veux, je m'en veux. Je m'en veux d'avoir été assez insignifiante pour qu'il ne cherche même pas à prendre de mes nouvelles quand il m'a pour la première fois au téléphone, alors que je brûlais d'envie de lui demander ce qu'il devenait. À ce moment je pleure. Je repense à Cathy pour la première fois depuis 5 ou 6 ans. Cathy, c'était ma nounou. Je me souviens d'une fois, quelques jours avant que je déménage de Millery, où Cathy était venue nous garder, mon frère et moi. À son arrivée, je m'étais jetée dans ses bras et j'avais pleuré. Comme si, à cet instant précis, je savais que le lendemain, sa soeur viendrait frapper à notre porte pour nous demander si on n'avait pas vu Cathy. Comme si je sentais qu'elle ne reviendrait pas, et qu'on ne saurait jamais ce qui lui est arrivé. Alors, à 13 ans, du haut de ma flagrante insignifiance, je pleure. Mon père et ma mère se sont définitivement séparés environ 8 ans plus tôt, ma mère est sans arrêt en déplacement pour son travail, je cherche un ami à qui parler et à défaut de le trouver, je m'avoue vaincue et développe, si ce n'est pas déjà fait, cette espèce de peur de l'abandon. J'ai 20 ans, et j'en ai toujours peur.
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3068754.htmlMon, 13 Dec 2010 17:59:00 +0100http://mouarf.cowblog.fr/trompe-le-monde-3068754.html
http://mouarf.cowblog.fr/entrecroisement-des-clivages-3066012.htmlentrecroisement des clivages.]]>http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3066012.htmlSun, 05 Dec 2010 13:33:00 +0100http://mouarf.cowblog.fr/entrecroisement-des-clivages-3066012.htmlhttp://mouarf.cowblog.fr/everything-s-gonna-be-alright-3025731.htmleverything's gonna be alright.Pourquoi changer, quelle révolution ? Barrières. Ligne 1. L'odeur étrange du métro, le sale, la sueur, le renfermé, le métal chaud. Les gens qui s'observent en s'évitant. La fatigue, cette fatigue de Paris. Nation. Les marches de Nation, toutes trempées par la pluie, Paris qui ne sent jamais la terre mouillée après l'orage.

Place aux bruits, le lendemain. Réveillée par de quelconques travaux quelque part dans le quartier. Un marteau piqueur qui passe une heure à essayer de trouer je ne sais quoi. Je pars prendre ma douche et j'entends par la fenêtre deux types qui discutent, des ouvriers probablement. Je sors de chez mon père et j'entends la vie de je ne sais qui dans je ne sais quel appartement, un gamin qui s'entraine au saxophone, une femme qui rit, une autre qui râle. L'ascenseur, les portes, la rue. Les voitures, les klaxons, je me demande pourquoi à Paris les voitures semblent passer leur temps à klaxonner. Les gens traversent sans regarder, je m'étonne de cette habitude parisienne, les conducteurs qui conduisent sans regarder et les passants qui passent sans regarder non plus, tout ça sur les mêmes routes, sans jamais se rentrer dedans. Les SDF tournent autour des entrées de la station Nation, des filles racontent leurs exploits comme toutes les filles quelconques racontent leurs exploits, il m'a dit ça alors j'l'ai regardé comme ça là, comme ça, et j'lui ai dit..., une mère et sa fille observent un plan du métro, je passe les barrières et prend la ligne 1 en croyant prendre la 9, encore un type qui m'observe comme si je n'avais rien à faire là et cette fois il a raison. Je finis par récupérer la 9 pour aller chez Charlotte. J'arrive avant qu'elle s'y attende, m'achète un magazine et attend assise sur un banc. Les voitures, les klaxons. Je suis déjà venue ici, bourrée, à 3h du matin ; mais pour l'instant je me contente de me demander pourquoi cet endroit me dit quelque chose, et j'écoute, j'écoute sobre ces bruits de Paris à 13h qui n'ont rien à voir avec les bruits de Paris à 3h quand on est bourré, et je ne comprends pas. Charlotte arrive, on va à la Poste et je me rappelle avoir une nuit déposé un plot en plein milieu de cette route. Les voitures, les klaxons, le silence de la poste. On sonne en sortant, tout le monde s'en fout. On va manger des sushis, on va voir l'exposition sur Willy Ronis, une femme rit seule devant certaines photos, d'autres chuchotent, le silence me fatigue. On sort prendre un café à 2,70€ et un chocolat à plus de 4€. On passe le temps. On passe par St Lazare, et je déteste toujours St Lazare. Je dépense mon argent. On part à Montparnasse chercher Aurélie, je les abandonne pour prendre la ligne 6, j'arrive sur un quai rempli de monde, un métro arrive et ils s'entassent dedans, moi j'attends le suivant. Je monte dans un métro plein de roumains, ou italiens, ou slovaques, enfin de gamins qui parlent fort une langue que je ne connais pas. L'un d'eux s'empresse de se lever et me tapotte le bras en me montrant sa place, je refuse avec un sourire et il se rassoit aussi vite qu'il s'est mis debout, sans dire un mot. Ses potes hurlent pour se parler. L'un d'eux semble être le rigolo du groupe, il crie, chante, a des pulsions bizarres, et les autres rigolent, ou le regardent avec un profond désintérêt. Quelques stations plus tard ils s'en vont, et je prends la place que m'avait proposé le gamin. Il y a 6 personnes dans mon wagon. J'entreprends la lecture d'un nouveau chapitre de Lolita. Quelqu'un se met à chanter. Une femme noire avec des cheveux violets. Je reconnais les paroles mais n'arrive pas à identifier la chanson. J'essaye de continuer à lire mais sa voix est trop remarquable, j'ai envie de l'écouter, de ne rien écouter d'autre, je pourrais l'écouter pendant des heures, c'est tellement beau que ça me rend triste, parce que la chanson est triste, parce que sa voix est triste, parce que c'est triste qu'un femme comme ça ait besoin de chanter dans le métro parisien à 22h30. Je remarque qu'une femme en face de moi a retiré son casque pour pouvoir l'écouter. Sa voix se casse sur la fin d'un couplet, et c'est tellement beau, je range mon livre et m'apprête à lui donner tout ce qui me reste de monnaie, en me disant qu'elle mérite largement mieux que ça. Elle entame No Woman No Cry et j'ai envie qu'elle reste dans mon wagon jusqu'au bout de la ligne. La chanson se termine, elle vient avec un grand sourire récolter son dû, et tout le monde lui donne quelque chose. Elle nous remercie juste avant que retentisse la sonnerie de fermeture des portes, et court dans le wagon suivant. Je reprends Lolita, tout en arrêtant à chaque station ma lecture pour essayer de percevoir sa voix, ses chansons, entre chaque bruit d'ouverture de porte. Nation. Terminus, le chauffeur nous invite à descendre. La Femme Noire aux Cheveux Violets n'est pas là. Je me perds, me traîne jusqu'à la sortie, croise une famille de touristes. Des gens du nord, à en juger par leur horrible accent. "R'garde, la sortie c'est lo ! Hé, c'est lo qu'on a mangé t't'à'l'heure ?". Les voitures. Pas de klaxons. Les discussions des derniers clients dans les restaurants. Encore une occasion de parler de boulot. 
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3025731.htmlThu, 05 Aug 2010 13:02:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/everything-s-gonna-be-alright-3025731.html
http://mouarf.cowblog.fr/he-takes-the-road-as-it-comes-3021029.htmlhe takes the road as it comes. Parfois je me sens un peu comme Freddie Drummond dans la nouvelle de Jack London. En différent. Mais entre deux. D'un côté toute ma vie, de l'autre l'alcool. D'un côté les devoirs, les souvenirs, le devoir de se souvenir, hier et demain, de l'autre la fête, l'oubli, ni matin ni soir, juste le moment présent. Parfois je regrette ces moments où je me fous de tout, où rien ne m'atteint plus de deux minutes, où tout est musique, tout est fête, et tout peut recommencer dès le premier café de la journée. J'ai pourtant honte actuellement de dire ça. De me dire ça. De me dire qu'après le premier verre, je m'en autorise un deuxième, puis un troisième en me convainquant que c'est le dernier, mais le quatrième arrive toujours.
Et puis dans ses bras, l'alcool je n'en veux plus. Dans ses bras à elle, je n'en veux pas.
Niaise, probablement, mais c'est actuellement loin d'être la pire chose qui puisse m'arriver. D'ailleurs je vais continuer à m'enfoncer. Parce que j'ai envie de le dire quand même, après tout ça, que je ferais tout pour la voir sourire.
Que je ferais n'importe quoi pour l'entendre rire.
Que je me fous du monde quand ses yeux sont posés sur moi.
Qu'à chaque fois qu'elle me dit qu'elle m'aime, je suis aussi heureuse que la première fois.
Qu'avec sa main dans la mienne, j'irais n'importe où.
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3021029.htmlThu, 22 Jul 2010 14:48:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/he-takes-the-road-as-it-comes-3021029.html
http://mouarf.cowblog.fr/my-mind-is-made-up-there-s-going-to-be-trouble-3017088.htmlMy mind is made up there's going to be trouble.Bob Dylan, Yardbirds, puis mon ipod essaye de m'amener Vous avez l'heure et autre She's lost control, je riposte en zappant jusqu'à Shaka Ponk, et il enchaine avec Dire Straits ; je me demande s'il analyse le style de musique que je ne zappe pas pour pouvoir savoir quelles chansons me faire écouter, et puis il me lance Space Oddity, alors je me dis que non. Je passe devant le distributeur de Coca Cherry, et je décide de ne pas m'arrêter afin de ne pas risquer de perdre un peu de temps d'écoute de mon ipod qui se décharge. Je me dis qu'on a oublié de retimer les croques avant de les ranger au frigo. Que 1h51, ce n'est pas l'heure où le bus passe devant Leclerc, mais l'heure à laquelle il arrive à la gare routière, derrière chez moi. Que j'ai envie de pisser. Que j'avais moins peur des crapauds, à une époque. Que cette scène, même si on n'a pas vu le film (ne pas regarder si on n'a pas vu Dancer in the Dark), est terrible. America Sacco & Vanzetti must not die. Mon ipod me lache, j'enlève mes écouteurs de mes oreilles, me fais la réflexion que le bruit était semblable à celui d'un bouchon en liège qu'on retire d'une bouteille d'alcool, et me demande si le bruit est le même avec un bouchon en plastique et une bouteille d'eau. Je réalise que je commence à avoir réellement mal aux pieds. Penser à autre chose me paraît une bonne idée. Ce que je me ferai à manger demain. J'ai faim. Je décide de me réveiller à 11h33. Je prends mon portable pour régler le réveil, me souviens qu'il n'a plus de batterie, me demande pourquoi il n'y a plus de musique ; déprime passagère. Je décide de chanter Indochine dans ma tête. Je gesticule pour faire les instruments. Une voiture arrive, j'arrête mon concert muet. Je me dis qu'à un moment dans la soirée, j'ai choisi de me priver du choix futur de ce que je ferai endurer à mes pieds. Le choix de ne pas faire de choix, comme diraient les petits esprits qui veulent emmerder Sartre. Me dis aussi que dans le raisonnement de Sartre, choisir de s'imposer quelque chose est une liberté. Qu'à présent je suis à 6 minutes de chez moi et que même si j'ai tellement mal aux pieds que je pense ne plus pouvoir marcher, le fait est que j'y suis obligée, puisque je n'ai aucune autre alternative, et que cette obligation relève elle même de la liberté que j'ai prise de ne pas prudemment partir prendre le bus avant 1h. Et que je n'ai absolument aucune raison de penser à des trucs aussi inutiles dans les rues de Saint Médard en Jalles à une heure pareille, et que de toute façon je ne sais pas quelle heure il est. J'atteins ma maison et repense à la réaction de la voisine quand elle a vu Amélie poser un panneau devant sa voiture. Je rentre et me demande quelle logique a poussé mon beau père et mon frère à ne pas fermer la porte à clé de façon à ce que je puisse rentrer, alors que toutes les fenêtres sont ouvertes. J'envisage mon frigo en pensant y voir soudainement apparaître des Babybels. Des fruits. Une carotte. Je ne trouve que des Oreo. Je monte les escaliers en imaginant un probable duel sanglant avec une quelconque araignée qui se serait introduite dans mon domicile, duel qui n'arrivera pas, ni avec une araignée, ni avec aucun insecte. Je m'affale sur mon lit et décide d'écrire avec plein de longues phrases ce que j'aurais pu me contenter de dire en 11 mots :

Aujourd'hui, j'ai travaillé, loosé et je suis rentrée chez moi.
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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-3017088.htmlSat, 10 Jul 2010 04:00:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/my-mind-is-made-up-there-s-going-to-be-trouble-3017088.html
http://mouarf.cowblog.fr/l-absurde-nait-de-cette-confrontation-entre-l-appel-humain-et-le-silence-deraisonnable-du-monde-2994842.html"L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde."
Je déteste les raisonnements de mon beau père. Sa façon désespérément apocalyptique de nous faire part de son analyse des informations qu'on regarde à la télévision m'insupporte. Ses questions pseudo philosophiques entre le fromage et le dessert, agrémentées de conclusions tournant autour de sa propre supériorité intellectuelle, me donnent la gerbe. Les réactions excessivement agressives de ma mère me donnent envie de me pendre. Sa façon injustifiée de se mettre à hurler qu'il n'est qu'un salaud menteur infidèle obèse et profondément con outrepasse les limites de la capacité qu'ont les hommes de raisonner un minimum pour ne pas sombrer dans le ridicule. J'ai fini par maîtriser l'art de me taire en regardant le sol, ou de feindre de m'intéresser à ce qui passe à la télé, pour faire semblant de ne pas voir l'air de martyr que prend son mari pour encaisser les reproches de ma génitrice, ou d'entendre ses "ta gueule connasse" quand il ne tient plus.

Je crois que j'avais besoin de parler. Pas de ça, mais de parler quand même. J'ai été aidée par quelques sms de Pauline, alors que je pensais que tout le monde dormait. Pas pour me parler de moi, ce qui aurait eu pour effet de bloquer toute ma capacité de conversation. Pas pour se plaindre de problèmes similaires aux miens, ce qui m'aurait profondément frustrée puisque j'ai du mal à concevoir qu'on puisse vouloir réclamer du réconfort auprès de quelqu'un qui n'arrive lui-même pas à s'en sortir. Juste pour parler d'un truc qui l'emmerdait. Un peu de communication. Un peu d'échange. Pas des mots avortés sur un blog, pour je ne sais quel lecteur qui se hasarderait dans le coin. Pas un étalage pathétique de mes pensées minables sur un pauvre blog.

Demain j'aurai les réflexions du connard qui aura vu ma lumière allumée et trouvera que je me couche trop tard, beaucoup trop tard, et que c'est vraiment n'importe quoi, et que je fais vraiment n'importe quoi. Je mettrai mal la table, je n'aiderai pas assez ma mère, j'aurai besoin qu'il me jette le torchon à la gueule dès que je me lève de table pour penser à aller essuyer la vaisselle. En attendant, je lâche mon clavier pour retourner au silence. Et au vide. Et au froid.


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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-2994842.htmlMon, 10 May 2010 00:07:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/l-absurde-nait-de-cette-confrontation-entre-l-appel-humain-et-le-silence-deraisonnable-du-monde-2994842.html
http://mouarf.cowblog.fr/what-i-need-is-lost-in-the-lights-2984030.htmlwhat I need is lost in the lights. Je ne supporte définitivement pas Paris s'il n'y a pas quelqu'un pour me sortir, ou pour prendre l'apéro, ou juste pour me tenir compagnie. Être chez moi me déprime, même quand mon frère est là, parce que dès qu'il allume la télé il devient hermétique à mes paroles, et qu'il ne l'éteint que quand il va se coucher. Être dehors me déprime, parce que les parisiens massacrent la beauté de Paris, et qu'étant seule je n'ai rien d'autre à faire que les observer. Observer le mec qui me bouscule en râlant parce que je laisse d'abord sortir du train un père avec sa poussette. Observer la femme qui me pousse pour foncer dans le métro alors que le prochain arrive une minute plus tard. Observer la jolie mendiante roumaine qui se grille une clope en discutant avec une roumaine plus vieille et moins jolie, avant de les retrouver 5 minutes plus tard dans le métro, criant qu'elles ont besoin de notre pitié pour manger. Observer la petite vieille avec son panneau "J'AI 73 ANS. AIDEZ MOI SVP". Observer tous ces gens qui passent sans rien remarquer, guidés par leur instinct qui les mène mécaniquement dans les magasins, dans le métro, au boulot. Observer les parisiens alignés devant l'écran de la gare, le regard hypnotisé, un peu comme les personnages de 1984 regardent tous Big Brother sur un télécran, puis partir en courant dès que le quai s'affiche. Remarquer le SDF, là bas, qui regarde avec intérêt la même scène que moi, se demandant si l'homme et la femme qui viennent de s'engueuler et de partir chacun de leur côté, en se retournant parfois mais jamais en même temps, vont finalement faire demi-tour et venir se pardonner. Remarquer celui qui s'assoit à côté de moi, certes fauché et sale mais avec néanmoins une certaine classe, s'arrêtant un instant pour fumer son cigarillo, le regard lointain, et repart s'enfoncer dans la foule 10 minutes plus tard. C'est bien répétitif tout ça.
De toute façon je m'en fous. Dans 10 jours je vois Amélie, et 73 jours plus tard on voit Bob Dylan. Ouais. 

Allez hop, dans ma grande bonté je vous offre les Stray Cats, ces pauvres musiciens qui auraient voulu faire de la musique 20 ans plus tôt.


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http://mouarf.cowblog.fr/commentaires-2984030.htmlWed, 07 Apr 2010 01:32:00 +0200http://mouarf.cowblog.fr/what-i-need-is-lost-in-the-lights-2984030.html