Aujourd'hui j'ai réalisé que je n'aimais pas le lobby, au macdo. J'aime bien faire des hamburgers dans un rush, j'aime bien être la seule en cuisine l'après midi, j'aime bien blanchir les grills, j'aime bien faire la propreté, mais le lobby, ça ne passe pas. J'ai donc lobbyé (oui, j'ai décidé que c'était un verbe) 2h avant qu'on m'envoie à la replonge, et enfin au bout de 2h de plus j'ai pu blanchir un grill, faire des hamburgers, emmener des trucs dans les frigos et partir trouver Amélie et Vincent qui a faim devant le macdo, traverser un ruisseau en marchant sur des caddies, retrouver Axel et Maël, passer le temps, se séparer juste quand mon portable n'avait plus de batterie. J'envisage de retraverser le champ pour regagner la piste cyclable quand un crapaud bondit devant moi, je le dépasse mais je l'entends au loin me crier que tous ses potes vont m'attendre si j'ose continuer dans cette direction. Je fais donc demi tour, prends un chemin sombre que j'éclaire en essayant de convaincre mon portable qu'il peut toujours réagir un peu, me méfie de chaque tache, chaque caillou ou chaque trou que je croise, et enfin j'arrive sur la piste cyclable. Je présume qu'il est environ un peu plus de 1h40, et que je peux avoir le bus qui est, si je me souviens bien, à 1h50 environ. Je réalise quelques minutes plus tard que, non, en fait, je me souviens mal. J'allume mon ipod dont la lumière a viré au rouge pour me supplier de le recharger, je rallume le reste de joint qu'on m'a laissé pour me donner du courage et marcher plus vite (mais si, mais si), et je marche. Bob Dylan, Yardbirds, puis mon ipod essaye de m'amener Vous avez l'heure et autre She's lost control, je riposte en zappant jusqu'à Shaka Ponk, et il enchaine avec Dire Straits ; je me demande s'il analyse le style de musique que je ne zappe pas pour pouvoir savoir quelles chansons me faire écouter, et puis il me lance Space Oddity, alors je me dis que non. Je passe devant le distributeur de Coca Cherry, et je décide de ne pas m'arrêter afin de ne pas risquer de perdre un peu de temps d'écoute de mon ipod qui se décharge. Je me dis qu'on a oublié de retimer les croques avant de les ranger au frigo. Que 1h51, ce n'est pas l'heure où le bus passe devant Leclerc, mais l'heure à laquelle il arrive à la gare routière, derrière chez moi. Que j'ai envie de pisser. Que j'avais moins peur des crapauds, à une époque. Que cette scène, même si on n'a pas vu le film (ne pas regarder si on n'a pas vu Dancer in the Dark), est terrible. America Sacco & Vanzetti must not die. Mon ipod me lache, j'enlève mes écouteurs de mes oreilles, me fais la réflexion que le bruit était semblable à celui d'un bouchon en liège qu'on retire d'une bouteille d'alcool, et me demande si le bruit est le même avec un bouchon en plastique et une bouteille d'eau. Je réalise que je commence à avoir réellement mal aux pieds. Penser à autre chose me paraît une bonne idée. Ce que je me ferai à manger demain. J'ai faim. Je décide de me réveiller à 11h33. Je prends mon portable pour régler le réveil, me souviens qu'il n'a plus de batterie, me demande pourquoi il n'y a plus de musique ; déprime passagère. Je décide de chanter Indochine dans ma tête. Je gesticule pour faire les instruments. Une voiture arrive, j'arrête mon concert muet. Je me dis qu'à un moment dans la soirée, j'ai choisi de me priver du choix futur de ce que je ferai endurer à mes pieds. Le choix de ne pas faire de choix, comme diraient les petits esprits qui veulent emmerder Sartre. Me dis aussi que dans le raisonnement de Sartre, choisir de s'imposer quelque chose est une liberté. Qu'à présent je suis à 6 minutes de chez moi et que même si j'ai tellement mal aux pieds que je pense ne plus pouvoir marcher, le fait est que j'y suis obligée, puisque je n'ai aucune autre alternative, et que cette obligation relève elle même de la liberté que j'ai prise de ne pas prudemment partir prendre le bus avant 1h. Et que je n'ai absolument aucune raison de penser à des trucs aussi inutiles dans les rues de Saint Médard en Jalles à une heure pareille, et que de toute façon je ne sais pas quelle heure il est. J'atteins ma maison et repense à la réaction de la voisine quand elle a vu Amélie poser un panneau devant sa voiture. Je rentre et me demande quelle logique a poussé mon beau père et mon frère à ne pas fermer la porte à clé de façon à ce que je puisse rentrer, alors que toutes les fenêtres sont ouvertes. J'envisage mon frigo en pensant y voir soudainement apparaître des Babybels. Des fruits. Une carotte. Je ne trouve que des Oreo. Je monte les escaliers en imaginant un probable duel sanglant avec une quelconque araignée qui se serait introduite dans mon domicile, duel qui n'arrivera pas, ni avec une araignée, ni avec aucun insecte. Je m'affale sur mon lit et décide d'écrire avec plein de longues phrases ce que j'aurais pu me contenter de dire en 11 mots :
Aujourd'hui, j'ai travaillé, loosé et je suis rentrée chez moi.
Mouarf
Un macaroni a chié sur Clint Eastwood.
Samedi 10 juillet 2010 à 4:00
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Et genre tu n'as QUE des oréo dans ton frigo ! C'est plutot OUF tu as encore des oréo dans le frigo !
Tu es condamnée à être libre, et même si tu n'aimes pas le lobby de Macdo, tu ne peux pas nier que tu n'aimes pas Chantal...
Sur ce, ton article parait surréaliste.
À charge de revanche; à verge de rechange.