Toujours les mêmes problèmes. Peut-être qu'un jour j'arriverai à parler à ma psy de ces idées morbides que je me mets à évoquer ici simplement pour m'entraîner à les exposer.
Elle m'a dit que quand je parlais de mon enfance, j'en parlais avec détachement, comme si tout ce que je racontais était arrivé à quelqu'un d'autre. C'est un peu ça. Entre 12 et 15 ans j'ai décidé de devenir quelqu'un d'autre. Et d'aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours essayé de faire de mes sentiments quelque chose de lointain.
J'ai rarement été plus heureuse ou plus triste pour moi-même que pour quelqu'un d'autre. Le bonheur des autres me comble, et je me retrouve dépitée de leur tristesse. Rien de plus fort pour moi que quelques sentiments pour quelques personnes, à part mes sentiments pour Amélie.
Des sensations perdues dans un tourbillon de réflexion plate, de psychorigidité involontaire, ce réflexe de se former une carapace pour éviter d'avoir à ressentir par moi-même. Pourquoi ça marche avec Elle, et pas avec les autres ? Ma psy m'a amenée à parler de sincérité. Je ne comprends pas pourquoi dans ma vision du monde il n'y a qu'Amélie qui soit sincère avec moi. Je sais rationnellement que c'est faux, mais ces sentiments que j'essaie d'éviter continuent de manipuler mon cerveau.
Une vie au milieu de milliers de lignes de fuites. J'ai jamais arrêté d'avoir envie de fuir. Ça s'est juste atténué grâce à elle. Fuir quoi, comment, où, pourquoi, j'en sais rien. Peut-être fuir la tristesse. Sa tristesse. Fuir un pays, une nation, des idées, un monde, des limites, un monde fait de limites. Fuir les autres. Me fuir moi.
J'aimerais pouvoir remplacer mes questionnements par des sentiments. Toujours foncer tête baissée. Remplacer "qu'est-ce que je risque ?" par "j'en ai envie.". Tellement de gens vivent heureux comme ça. Mais chacune de mes idées se termine par un point d'interrogation. Je ne sais jamais ce que je fais et je me demande toujours pourquoi. Je m'enfonce dans mon impuissance et j'essaie d'amortir la chute par un optimisme forcé, un positivisme exacerbé pour essayer de la faire sourire ; mais rien ne sort de cette douleur rongeante qu'un sentiment bancal d'incompréhension, quand ce que je dis ne fait que traduire ce que j'aimerais ressentir, et donc lui faire ressentir.
Plus rien ne reste que le déchirement de n'être, à ce moment là, qu'une partie d'un vide immense.
Mouarf
Un macaroni a chié sur Clint Eastwood.
Lundi 20 juin 2011 à 11:34
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