La tête dans un étau. L'estomac qui rejette du vide. Je réussis à me sortir la tête des chiottes et à me relever. Je me traîne jusqu'au métro, ce métro qui pue la misère, la pisse et l'odeur de la nourriture mélangées. J'arrive sur le quai pour regarder passer un train plein. Un autre. Je me résigne à prendre le suivant, pour me retrouver collée à une femme qui pue le vieux, le sale. Une station plus tard, on m'éjecte dehors, j'enlève mes écouteurs pour entendre un type parler de problèmes sur la ligne 3. J'y comprends pas grand chose, mais tout le monde sort sur le quai, alors je pars prendre un autre métro. Je me perds dans les couloirs, au milieu de ces odeurs infâmes. Tout le monde me double, tous ces gens marchent vite, ou alors c'est moi qui me traîne. Eux c'est les vivants, qui courent dans toutes les directions mais savent où ils vont. Moi j'erre et je me perds. J'arrive sur le bon quai, je monte dans un métro presque vide. Le type en face me regarde bizarrement, mes jambes m'ordonnent de m'assoir, ma tête de dormir, mon ventre de vomir. Je décide de tous les contrarier. Je m'agrippe à la barre, je compte ; encore 6 stations. Les portes s'ouvrent, on rentre, on sort, la sonnerie retentit, les portes se referment, je recompte les stations, tout passe trop lentement, chaque bruit agresse mon crâne, chaque odeur retourne mon estomac. Encore 2 stations. Beaucoup trop long. Encore une station. Le type qui me regardait bizarrement se lève et sort. Le métro m'oppresse, je décide de sortir aussi. Tout le monde part du côté gauche, alors je pars du côté droit. Je comate 5 minutes devant un plan avant de réaliser qu'il ne me sert à rien. Je sors, traverse la rue, m'arrête, reviens sur mes pas, aperçoit les Galeries Lafayette. Odeurs de fumée. Odeurs de moteurs. Odeurs de produits pour laver les vitres. Je traverse une rue qui m'envoie ses odeurs dégueulasses dans le nez. Sushis, kebabs, urine, pizzas, MacDonald's, le parfum de la femme qui vient de me doubler, la fumée, la nourriture, la fumée et la nourriture, ignoble, abjecte, immonde puanteur. Je croise un fauteuil dans un arbre, que regarde une chaise délabrée. Un type me crache sa fumée dans la gueule. Je me retrouve devant l'entrée de la gare St Lazare qui permet d'accéder au RER E. Je sais qu'en passant par là je n'arriverai pas dans la gare, mais je m'y engouffre pour échapper au parfum de la rue. Un escalator. Une barrière. Un escalator. Un autre. J'ai mal au ventre, je cherche à comprendre, le pastis, le Bailey's, la bière, le shooter de vodka, le mojito, les pâtes aux lardons. J'ai envie de vomir, alors je pense à autre chose, je pense à elle. Je me promène, je finis par trouver une sortie. La gare n'est pas loin. Des gens déjeunent sur des terrasses. Je les envie d'arriver à manger des croissants et boire du jus d'orange. Puis viennent les odeurs, et la nausée avec. La gare. Un escalator. Je cherche l'écran. Ermont Eaubonne, 10h42, le quai n'est pas encore indiqué. Il est donc moins de 10h42. J'ai aucune idée du temps que j'ai passé dans le métro, dans les rues, dans les sous-sols de Paris. Le quai s'affiche enfin. Je m'y traîne. Je monte dans le train vide, m'installe sur un siège, étend mes jambes, ferme les yeux. Le train démarre et je m'endors. Shaka Ponk me réveille 5 minutes plus tard. Je me traine dans les escaliers, dans la rue, dans le hall de mon immeuble. Je mets 5 minutes à trouver mes clés. J'attends l'ascenseur 3 jours ou 3 minutes. Il arrive. Libération. Miroir. Ma gueule grise et mes cernes. 7ème étage. Appartement. Efferalgan. J'allume mon portable, je lui écris, je m'écroule.
Récit sans but, je m'ennuyais.
Mouarf
Un macaroni a chié sur Clint Eastwood.
Jeudi 1er avril 2010 à 0:53
Commentaires
Par Nata le Samedi 3 avril 2010 à 20:56
J'arrive pas à savoir qui de Lyly ou Sabine chante :r
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